Chez Harington, nous sommes convaincus que le nouvel Indice de Résilience Numérique (IRN) marque un véritable tournant dans la manière dont nous allons désormais aborder les projets IT et plus globalement les composants des systèmes d’information.
On ne parle plus seulement de risques IT au sens large mais de dépendances numériques mesurables, comparables et surtout arbitrables. Le 26 janvier 2026, au Ministère de l’Économie et des Finances, l’IRN a été présenté comme un instrument de pilotage stratégique destiné à éclairer les décisions des directions générales, des DSI et des fonctions risques.
Chez Harington Impact, nous voyons l’IRN comme une évolution très attendue : la fin de la résilience “au ressenti” et surtout enfin les prémices d’une approche structurée, outillée et orientée décision. Dit autrement : moins de débats métaphysiques sur “sommes-nous dépendants ?”, plus de faits sur “où, à quel niveau, avec quelles conséquences et quel plan de réduction mettre en oeuvre”. affirme France Titin-Snaider, Directrice de Harington Impact
Pourquoi l’IRN est incontournable en 2026
Les DSI doivent aujourd’hui composer avec un SI hybride et très dépendant de fournisseurs : cloud, SaaS, API, briques data/IA, composants open source, plateformes d’exécution… Le tout sous contraintes très fortes en termes de continuité d’activité, de conformité, de sécurité, capacité à évoluer pour absorber les innovations et de pression budgétaire constante.
Le problème n’est pas tant d’être dépendant” (tout SI l’est) mais de ne pas savoir à quel point, sur quoi et avec quelles options de sortie. L’IRN a justement pour ambition de quantifier et de rendre pilotable cette dépendance pour éviter le scénario où l’entreprise découvre sa fragilité… au pire moment.
IRN n’est pas “un audit de plus” mais un cadre de gouvernance des dépendances
L’intérêt de l’IRN ne se résume pas à des check-lits sur la pile technologique de la DSI. Il permet une lecture full-stack et une méthode très intéressante qui part des processus vitaux de l’organisation puis remonte vers les systèmes critiques qui les supportent.
Le cadre IRN impose une lecture par couches, incluant notamment l’applicatif (y compris les usages IA), la donnée, les plateformes d’exécution, l’infrastructure et le volet des compétences.
C’est cette approche qui évite l’écueil : « un cloud sécurisé = un SI résilient”. Non, un SI résilient est un SI qui tient quand un fournisseur, un service, un contrat, une supply chain ou une compétence critique fait défaut.
Une méthodologie orientée preuves
Point central pour une DSI à prendre en considérations, l’IRN s’appuie sur une logique de preuves. L’évaluation n’est pas un entretien à main levée, elle cherche à vérifier, documenter et mesurer les dépendances réelles.
Le cadre prévoit notamment plusieurs niveaux de preuve allant de la documentation (politiques, contrats), à l’effectivité (“preuve de vie” via processus) jusqu’aux indicateurs de contrôle (KPI).
Côté scoring, la notation suit une pondération normalisée (par paliers) et un seuil permet de qualifier un niveau de résilience et de tendre vers le nouveau Graal : Le Label R.
Ce mécanisme permet de dépasser le “on pense qu’on sait faire” : On a des preuves qu’on sait faire.
Les 8 domaines pour un tableau de bord précis
L’IRN structure l’analyse autour de 8 pôles de résilience restitués sous forme visuelle (type radar/spider) pour faciliter la lecture par les instances de direction.
- Stratégique (RES-1) : dépendance acceptée ou subie ? Sponsoring, priorités, et capacité à décider.
- Juridique (RES-2) : exposition aux lois extraterritoriales, clauses contractuelles, marges de négociation.
- Data & IA (RES-3) : localisation des traitements, maîtrise des usages, lutte contre le “shadow IA”.
- Opérationnelle (RES-4) : autonomie, continuité, capacité à fonctionner en mode dégradé si un service s’arrête.
- Supply chain (RES-5) : dépendances amont (matériel, éditeurs, sous-traitants), options de multisourcing.
- Technologique (RES-6) : interopérabilité, standards, réversibilité réelle des workloads (exit plan).
- Sécurité (RES-7) : certifications, autonomie de gestion des vulnérabilités, posture de sécurité durable.
- Environnementale (RES-8) : continuité d’activité face à des aléas climatiques et risques physiques.
Ce qui change vraiment c’est qu’on n’aborde pas les outils particulièrement mais de capacités à encaisser un choc tout en continuant le delivery.
Le sujet qui intéresse vraiment le Comex ? Arbitrer entre souveraineté vs résilience
Souveraineté et résilience ne sont pas du tout synonymes. La souveraineté relève d’une ambition (politique / stratégique) largement relayée en ce moment par le climat géopolitique. La résilience relève quant-elle d’une responsabilité de gestion, à savoir identifier les dépendances critiques puis réduire l’exposition à un scénario de rupture.
L’IRN est intéressant car il transforme des risques abstraits en questions arbitrables :
- Quel est le risque de rupture forcée (“kill switch”) sur un système vital ?
- Quel est l’impact business si un fournisseur critique devient indisponible (techniquement, juridiquement, contractuellement) ?
- Quel coût d’un plan de réversibilité crédible et à quel horizon ?
Là où beaucoup d’initiatives échouent, c’est qu’elles restent cantonnées à l’IT. L’IRN casse les silos entre DSI, juridique, achats, risques et finance car tous les services ont une partie de la réponse mais personne n’a la totalité.
Ce que nous recommandons côté DSI : une trajectoire IRN en 3 étapes
1) Cadrer : “systèmes vitaux” et périmètre
- Identifier 5 à 10 processus vitaux : vente, logistique, production, relation client, finance….
- Cartographier les systèmes critiques associés : applications, données, hébergement, fournisseurs, dépendances.
- Définir le périmètre d’évaluation IRN et le niveau de profondeur attendu.
2) Mesurer : diagnostic IRN et priorisation
- Collecter les preuves (Doc / preuve de vie / KPI).
- Calculer les scores par pôles et repérer les écarts majeurs.
- Construire une priorisation risque / impact / effort utilisable en comité de direction.
3) Réduire : plan de remédiation et gouvernance
- Définir un plan de remédiation par système : exit plan, multisourcing, durcissement contractuel, standardisation, réversibilité technique.
- Mettre en place une gouvernance d’indicateurs : le sujet doit vivre dans la durée
l’IRN, le chantier DSI 2026 ?
L’IRN n’est pas un audit de plus pour nos experts Harington. C’est le moyen de rendre la dépendance numérique intelligible, mesurable et gouvernable et donc arbitrable.
Pour une DSI, c’est un outil de transformation :
- On ne subit plus un empilement de dépendances.
- On construit une trajectoire de résilience, système critique par système critique.
- On aligne IT, juridique, achats, risques et direction générale sur des preuves et des priorités.
Contactez nous pour un diagnostic IRN “premier passage” : cartographie des systèmes vitaux, scoring sur les 8 pôles, écarts majeurs et priorisation risque/impact/effort. Nous contacter
Sources :
Dépendance : un indice et un observatoire pour mesurer le poids de la tech US – CIO
L’État lance des outils d’évaluation de la dépendance numérique – Le Monde Informatique
Souveraineté numérique : l’État lance un outil pour mesurer notre dépendance – La Tribune
Comprendre l’IRN
L’IRN est un cadre d’évaluation qui mesure la résilience numérique d’une organisation face à ses dépendances technologiques (cloud, éditeurs, data, IA, supply chain). Il fournit une grille structurée et des preuves pour piloter les risques et prioriser un plan de réduction des dépendances.
La souveraineté est une ambition stratégique et politique) La résilience est une capacité opérationnelle : continuer à fonctionner en cas de rupture, de contrainte contractuelle, d’arrêt de service ou de limitation imposée par un tiers. L’IRN sert surtout à rendre la résilience arbitrable, système par système.
Ce sont les dépendances à des fournisseurs, services, briques logicielles ou plateformes indispensables au fonctionnement des processus vitaux : cloud IaaS/PaaS, SaaS, éditeurs, API, composants open source, data platforms, outils IA mais aussi compétences rares.
C’est le risque qu’un acteur tiers provoque un arrêt forcé d’un service ou d’un accès (sanction, décision juridique, rupture contractuelle, incident majeur). L’enjeu DSI est de connaître l’impact business et de disposer d’options de continuité (mode dégradé, alternative, réversibilité).
La réversibilité cloud est la capacité à migrer ou reprendre l’exploitation d’un service (workloads, données, API, identités) vers une alternative, dans un délai compatible avec les exigences métier. Un exit plan crédible couvre la technologie, les contrats, les données, l’exploitation et les compétences
L’IRN s’appuie sur des critères pondérés et des niveaux de preuve : documentation, effectivité (preuve de vie) et indicateurs. L’objectif est d’éviter l’auto-déclaration et d’obtenir un diagnostic pilotable par la DSI et lisible par le Comex.
Non. L’IRN ne remplace pas les référentiels : il vise à organiser une lecture transversale des dépendances et de la résilience, en capitalisant sur des preuves existantes. Il sert surtout à prioriser une trajectoire et à piloter l’arbitrage.
Commencez par identifier les processus vitaux, les systèmes critiques associés puis les dépendances fournisseurs. Ensuite, réalisez un diagnostic IRN “premier passage” pour prioriser un plan de réduction de dépendances (réversibilité, multisourcing, durcissement contractuel, standardisation).
